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Kenya

Masaï Mara, zèbres

août 2008

 

      Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, l'âne Benjamin est un des animaux de la ferme rendue célèbre par George Orwell. L'âne Benjamin, loin d'en être un, ne dit rien mais n'en pense pas moins. Il observe sans rien dire la déliquescence des préceptes, la chute d'une société prétendue idéale et assiste à l’avènement de l’imbécillité crasse enfantée dans la violence et la répression.

      Je me balade beaucoup ces derniers mois sur Facebook mais je ne dis plus grand-chose voire rien du tout à l'instar de Benjamin, cynisme en moins et encore, je n'en suis pas certaine. Les publications parlent de gilets jaunes, de violence policières, de casseurs, de racisme, d'homophobie, de violences conjugales, de justice, d'équité, de changement climatique (pas beaucoup il est vrai). Chacun y va de son commentaire, de son partage. Je n'échappe pas à la règle mais pour tout vous avouer, parfois je me perds un peu parmi tous ces propos déversés sur la toile, parmi ces articles partagés que l'on affiche ou plutôt que l'on brandit comme le reflet de sa propre pensée ? Comme l'illustration d'une thèse que l'on réfute ? Qui pense quoi ? Qui a fait quoi ? Qui manipule qui ?

       Je lisais hier un article partagé par un de mes contacts sur la loi votée en Espagne pour protéger les femmes des violences conjugales. Le propos était éminemment tendancieux, le type se défend d'appartenir à la mouvance Vox (populi, vox dei….) mais il condamne clairement cette loi, enfin non ce n'est pas si clair, c'est bien là le problème. Le fait que ce monsieur s'exprime en espagnol ne change rien à l'affaire, je maîtrise suffisamment la langue de Cervantès pour ne pas me perdre dans les méandres fumeux de son raisonnement. Bref ! Les « hembristas » l'emmerdent et quand elles se font violer, tuer ou casser la figure c'est toujours par des « étrangers », faudrait pas déconner !

       J'ai supprimé ce contact de la liste de « mes amis », il ne disparaîtra pas pour autant de ma vie – nous sommes tenus par les liens du sang et nos souvenirs communs ont la saveur limpide et douce de l'enfance – mais au moins je n'aurai plus à subir cette misère verbale qui n'offense pas que ceux qui la répandent.

       Autre solution peut-être, aurait été de me déconnecter dudit réseau social et d'aller faire un tour dans ma campagne grise et hivernale, pour respirer l'air (encore) pur et oublier les fâcheux. C'est ce que j'ai fait figurez-vous mais le « La Gaule au Gaulois » écrit en grosses lettres sur la pancarte qui trônait au milieu du rond point ce jour-là, m'en a dissuadée illico. Quelle régression ! Et aussi quelle ignorance ! A moins, m'a susurré perfidement la Philosophe, qu'il s'agisse d’une autre « gaule » , un genre de « Peace and love » à la lot-et-garonnaise ?

       Malgré son grand âge, la Philosophe est pleine de bon sens car celaau moins est clair, on ne peut quand même pas être aussi con !