Combat_contre_tako

Combat contre Tako

Cette nuit, j'ai fait un drôle de rêve, j'ai rêvé que j'étais perdue dans une forêt de pins qui ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle des Landes. J'ignore comment j'étais arrivée là ni d'où je venais mais forcément de quelque part. On vient toujours forcément de quelque part . Il était entre chien et loup. Les pins balançaient leurs tristes ramures dans le crépuscule opaque. Je me sentais paralysée par une infinie lassitude à laquelle se mêlait l'angoisse sourde d'être en train de fuir quelqu'un ou quelque chose. Des gens inconnus traversaient çà et là la lisière du bois sans vraiment sembler me remarquer. J'ignore aussi où je voulais aller, j'avais juste l'intime conviction qu'il fallait que je m'en aille de cet endroit. Il faisait presque nuit quand j'aperçus dans une clairière, un jeune-homme dont l'hostilité à mon égard ne me fit aucun doute. Je pris mes jambes à mon cou. La nuit tomba. Je finis par m'allonger à même le sol, calant juste sous ma nuque un petit coussin qui devait se trouver là. L'ombre de camions immenses passant en silence sur la route me plongeait dans leurs ténèbres effrayantes. Je crus que j'allais quand même m'endormir quand je sentis une présence près de moi. Le jeune-homme se tenait debout à mes pieds et me regardait intensément. Il était encore plus jeune que ce que j'avais cru en premier lieu. Il devait avoir tout au plus quatorze ans, quinze au maximum. Je me relevai précipitamment et repris la fuite. Je serrais dans ma main un couteau japonais dont le contact me rassurait. Je me hâtais sur un chemin forestier et je crois que la nuit était devenue moins dense, peut-être était-ce déjà l'aube. Je croisai un inconnu qui promenait un chien. C'était une bête imposante, magnifique à l'abondante fourrure claire. Elle me fit penser à un loup. J'arrachai la laisse des mains de l'homme et m'enfuis avec l'animal qui me suivit sans résister.