Médoc ok

Médoc 2018

 

 

Dans le Médoc (18-05 au 21-05-2018)

 

Jour 1: Les marais de la Perge et Soulac

Depuis hier soir, je bivouaque dans un lieu idyllique et bucolique. La route est longue depuis le Lot-et-Garonne mais cela vaut la peine de faire un effort. Dans le calme des marais de la Perge on n'entend que le chant des grillons et celui des oiseaux. Quand je me couche, la nuit du ciel est constellée d'étoiles.

Ce matin, c'est vélo jusqu'à l'océan. Dans les marais les iris d'eau ponctuent d'éclats jaunes le vert des grandes herbes. Parfois, un héron blanc prend son envol et les canards tranquilles jettent des cris indignés que reprend l’écho. Sur la plage, il n'y a personne ou presque. A Montalivet, c'est jour de marché et exposition de vieille voitures. Un cabriolet Peugeot 304 orange éveille en moi quelque chose de doux et d'infiniment nostalgique.

Tantôt, c'est Soulac-Sur-Mer. Je « visite-guidée » la Basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres avec un monsieur en pantalon rouge qui ressemble à Kurt Wallander ou à Kenneth Branagh. Toutes les autres personnes ont refusé de « visite-guider » avec lui, même si c'est gratuit, ils disent qu'ils ne savent pas, qu'ils ne veulent pas, qu'ils veulent juste « voir ». Je ne sais pas le nom en vrai du monsieur en pantalon rouge alors je l’appelle Kurt. J'ignore ce qu'il fait là ( à part qu'il a les clés de l'église et que son portable est en charge à côté des cierges). C'est peut-être le curé mais il n’arbore aucun des signes de la charge. Il me parle de Sainte Véronique et m'explique qu'il a marché de Jérusalem à Soulac et qu'il a fait une étape par le Lot-et-Garonne. Il me parle aussi de Mauriac et du Sagoin qu'il vient juste de terminer. « C'était beau mais désespérant ». Je lui réponds que Mauriac c'est toujours beau mais très désespérant. Je lui conseille la visite de Malagar sur les collines de Langon. Kurt me confesse qu'il m'accompagnerait bien découvrir Soulac et ses jolies maisons et peut-être même qu'on pourrait dîner par-là.

Les maisons sont en effet charmantes et la plage immense jusqu'à l'infini. Chemin faisant, je me dis que Kurt n'est sans doute pas le curé.

Jour 2 : Le Verdon et la Pointe de Graves

Des fois, je me déteste : je suis arrivée trop tard ou trop tôt. La lumière n'est plus très bonne malgré le ciel bleu et le soleil. Et puis, si j'étais venue ce soir, j'aurais pu me garer là, juste au bout de la terre, face à la mer.

C'est bien quand même, mais je reviendrai de bonne heure me poser là au bout du bout, les eaux de Garonne dans celles de Dordogne et le tout dans l'Océan. Je grimpe tout en haut du phare. On y voit loin et bien, jusqu'à Cordouan.

Jour 3 : Saint-Julien Beychevelle

J'ai appris que ce petit port doit son nom à son activité passée. A leur passage devant l'amirauté, les navires étaient invités à baisser la voile en signe de respect : « Beicho velo » en occitan.

Sinon, j'ai la mémoire qui flanche mais je suis certaine d'y être déjà venue et d'avoir fait cette balade au milieu des cabanes à carrelet. Il faisait froid et il pleuvait, c'était juste avant la mort de Papa. En tout cas, c'est charmant. Sur l'estuaire, les voiliers vont et viennent, leurs voiles blanches tendues dans le vent.

Rentrer, c'est un crève-cœur pour moi !