Camargue Flamants1 13-02-2018

Languedoc-Roussillon

Parc de Pont-du-Gau

13 février 2018

 

 

Jours 1 et 2 (10 et 11 février 2018)

 

43° 32′ 17″ nord,

4° 08′ 14″ est

 Météo : bleu glacé

Marée basse : 16h20 (et bien si, il y a des marées en Méditerranée)

Température de l'eau : 12°

Altitude : 0 m

Flamants roses : quelques uns à un certain nombre dans les étangs alentours

Menu du jour : Brioche-café / Carpaccio de bœuf-tomates-avocats et leurs copeaux de parmesan / Moules-frites et café sur le port au soleil.

            Départ sous un ciel bleu-glacé et moins quatre degrés autour du Goéland. Arrivée en début d'après-midi sous un soleil rafraîchi par le vent. Repérage du bivouac et direction la mer.

            La lumière hivernale est superbe du côté du Grau où la Méditerranée clapote doucement sur la plage immense. Au loin la Grande-Motte, les montagnes enneigées et le vent qui déboule et chamboule tout mais pas trop. Petite balade vers Aigues-Mortes où j'arrive par hasard. La citadelle semble surgir du sol nimbée dans les ors du couchant, encore plus belle que dans mes rêves.

            Dimanche matin, réveil à 8 heures. Il fait toujours beau et le vent est tombé. Un aller-retour le Grau - Aigues-Mortes en vélo. Dans les étangs, les cormorans prennent des poses et les flamants sont « rôses ». Au loin, de l'autre côté du canal, j'aperçois les Salins du Midi « rôses » aussi.

           Entrées maritimes, le ciel se grise. Je prends la direction de Saint-Gilles. L'abbatiale est en travaux et le village n'est pas très beau alors je ne m'attarde pas.

 

Jour 3 (12 février 2018)

 

Météo : bleu limpide et venté glacial

Marée basse : 16h58 (et bien si, il y a des marées en Méditerranée)

Température de l'eau : 12°

Altitude : 0 m

Flamants roses : 0

Coucher de soleil : 1

Mot nouveau : ganivelle (à ne pas confondre avec manivelle)

 

Menu du jour : Crevettes sauvages / tartare de saumon / velouté de légumes maison / Fromage / yaourt.

           Cette nuit, des vols de flamants roses ont traversé mes rêves. Ils n'ont fait que passer et je me suis réveillée. Il faisait encore plus beau que la veille.

         Café-brioche et direction la plage de l'Espiguette. Mince ! Barre de hauteur à 2 mètres. J'avance, ça passe. Le parking est une étendue de sable au milieu de nulle part. On dirait l'Afrique dans le mitan du Gard. La Méditerranée est juste là derrière les dunes et les montagnes au fond avec de la neige dessus. D'où je me tiens, c'est un peu comme le Chili en bien plus petit. La pluie des derniers jours a laissé d'immenses flaques d'eau qui miroitent dans la lumière de midi. La mer a des airs atlantiques. Elle fait un bruit de vagues qui s'échouent, infiniment bleues.

          Je marche jusqu'au bout du bout, loin, loin. J'attends le soir qui donne ses ors au sable et aux ganivelles aussi. Les oyats tremblent doucement dans le vent.

Jour 4 (13 février 2018)

Météo : bleu voilé, vaguement gris l'après-midi

Marée basse : Après 17 heures

Température de l'eau : 12°

Altitude : 0 m

Flamants roses : Vraiment beaucoup qui paradent et cancanent dans les roselières

Taureaux et chevaux : en pagaille

Coucher de soleil : 0

Mot nouveau : roselière (à ne pas confondre avec roseraie ou dentelière)

            Aujourd'hui je franchis le Petit Rhône et cours vers les Saintes-Maries. Première étape au Parc ornithologique de Pont-du-Gau. Avant j'ai pu voir les chevaux Camargue, crinière au vent et les taureaux des manades tranquilles dans leurs champs. C'est la Camargue pareille que dans « Crin-Blanc ». Je me dis qu'il faut que je le fasse regarder à la Philosophe même si c'est trop triste à la fin.

           A Pont-du-Gau, il y a des flamants roses par centaines. Ils paradent et font ka-ha, ka-ha ou bien encore kuk-kuk-kuk. Ils dressent leur cou et font les malins en ouvrant large leurs ailes corail car demain c'est la Saint-Valentin.

         Je passe un long moment à les observer cachée dans les roseaux. Je marche encore sur les chemins, au milieu des étangs et des marécages. Il y a des hérons cendrés qui sortent le bec dans les roselières, des poules d'eau et des canards, plein d'oiseaux à longues pattes et une cigogne hautaine qui me crie dessus.

        Au détour d'une allée, je rencontre un ragondin mouillé qui broute l'herbe sur le bord du talus. On discute, il n'est pas farouche. « crunch-crunch » font ses dents dans les salicornes dodues. Il pense que je suis bizarre de parler avec lui, il dit que les gens préfèrent les castors ou bien les belettes, il dit que c'est à cause de sa queue. On se salue et je continue.

           Je finis ma journée sous le ciel gris aux Saintes-Maries. C'est dommage, c'est joli. Une gitane s'approche et veut me lire les lignes de la main. Mais je n'en ai pas besoin, je sais que je vais mourir même si ce n'est pas maintenant et que je vais être heureuse un peu avant et peut-être même beaucoup.

Jour 5 (14 février 2018)

Météo : bleu voilé, vaguement gris l'après-midi

Marée basse : Bien après 17 heures

Température de l'eau : 12°

Altitude : 0 m

Coucher de soleil : 0

Mot nouveau : lido (ne pas confondre avec un cabaret)

        Ce matin c'est grosse flemme, pas envie de sortir du lit douillet. Dehors il fait beau mais froid.

        Brioche-café

        Aigues-Mortes, visite des remparts. C'est beau. D'en haut on voit loin, le canal, les salins, le lido, le Goéland qui m'attend en bas sagement. A midi restaurant. Je déjeune d'un loup-de-mer dehors au soleil emmitouflée dans mon écharpe et mon bonnet.

         Pour finir, je m'arrête à la Tour Carbonnière mais la lumière est partie, c'est bien dommage.

         Soirée tranquille : lecture, écriture, rêverie