Villeneuve-Sur-Lot NDP 6-11-2016

Lot-et-Garonne

Notre Dame du Bout du Pont, Villeneuve-Sur-Lot

6 novembre 2016

 

Vendredi 16 heures, il commence à pleuvoir. « Le week-end va être pourri » me lance ma coloc en rentrant du boulot. Je lui réponds que ce n'est pas grave, il y a des tas de choses à faire en novembre quand il pleut, même en Lot-et-Garonne.

Elle a ouvert une bouteille d'Entre-Deux-Mers qu'elle sirote doucement en faisant mijoter un poulet basquaise. Ma coloc est une perle !

Le soir, elle tient absolument à regarder le début de la troisième saison de « Transparent » en VO. Je ne suis pas convaincue, les humains sont bizarres parfois. Elle m'assure que les humains n'ont rien à voir à l'affaire que ce sont les américains qui sont bizarres. On part se coucher sans regarder le deuxième épisode. En ce moment elle me lit « Carthage » de Joyce Carol Oates. C'est glauque à souhait. Je l'écoute en ronronnant sur la couverture chauffante. Bon, je sais, les chiens ne ronronnent pas mais c'est rhétorique vous comprenez ?

Samedi 8 heures, la pluie tambourine sur les tuiles depuis un moment. Le temps est effectivement pourri. Elle me dit qu'elle ira ramasser les feuilles quand elle aura terminé de préparer le cours pour les troisièmes. Je pense que ça ne sert à rien de ramasser les feuilles tant qu'elles continuent à tomber. Elle rétorque que ça abîme le pelouse. Je retourne me coucher jusqu'à midi sur le canapé.

L’après-midi, elle sort faire des courses. Je ne l'accompagne jamais, j'ai horreur des magasins. Quand elle revient il fait déjà nuit mais il ne pleut plus. On dîne puis on regarde un très beau film qui s'intitule « L'odeur de la mandarine ». Mandarine c'est une jument. Elle appartient à Charles, un type qui a perdu une jambe au front en 1914. Il embauche une infirmière pour lui faire les soins. Elle s'appelle Angèle, elle a une petite fille dont le père est mort à la guerre. Charles et Angèle se marient mais.... . Arrive dans leur vie un déserteur avec un étalon volé. L'odeur de la Mandarine c’est l'odeur que dégage une jument quand elle est bonne pour la saillie. C'est un film sur le désir et l'amour qui ne sont jamais tout à fait là où on pensait qu’ils étaient.

Avant de s’endormir, on lit un chapitre de « Carthage ». J'ai hâte de savoir la fin, il ne reste que quatre-vingts pages. J'essaie de la questionner sur le désir mais elle me répond que je parle trop et elle éteint la lumière.

Dimanche 7heures 30, Dehors il y a plein de brouillard et la fenêtre est couverte de buée. Au petit-déjeuner il y a de la brioche et de la marmelade d'orange maison. C'est rudement bon ! Juste quand on s'apprête à sortir pour ramasser ces maudites feuilles dont le volume a doublé depuis hier, il se remet à pleuvoir. Elle dit que ce n'est pas grave, qu'elle va préparer le cours sur le théâtre pour les 2des. Je pars méditer sur le fauteuil du bureau.

Le poulet basquaise est délicieux. Elle le sert avec un gratin de courgettes et du riz Thaï.

Elle part marcher. Je l’avertis des risques d'averses. Elle se met à rire en disant que décidément je parle vraiment trop et que de la pluie elle en fait son affaire.

Elle rentre vers dix-sept-heures et s'étonne de toutes les flaques dans le jardin. Je lui réponds qu'il a beaucoup plu. Elle me dit qu'elle n'a pris que quelques gouttes dans sa campagne la-haut car elle a fait peur aux nuages.

Elle me montre ses photos de l'automne et de la Chapelle du Bout du Pont après l'averse dominicale.

Elle me brosse. Je ne sais pas si on va terminer « Carthage » ce soir....